26 mars 2010

Blanc comme neige

François Cluzet joue Maxime, gérant d'une concession de véhicule haut de gamme. Tout va bien pour lui jusqu'à la mort troublante d'un de ses associés qui va le conduire à des histoires un peu compliquées avec des malfrats. Le scénario empirique noue de plus en plus la situation jusqu'au climax, modèle évidemment inspiré de nos amis outre-Atlantique. Dans l'entreprise classique de rivaliser avec le genre américain, Christophe Blanc se prend un peu les pieds dans le tapis en évitant tout de même la chute totale.
Blanc comme neige démarre plutôt bien. L'image du dénouement au début (Cluzet, troué de balles dans la neige) contraste avec la présentation qui arrive juste après de sa belle vie sous le soleil du sud. La tension - une sorte de suspens hitchcockien à rallonge - fonctionne plutôt pas mal, entrainant le désir pervers du spectateur à voir enfin les fils du scénario se nouer autour du cou du protagoniste. Mais dès cette étape passée, les choses dérapent notamment à cause de problèmes de vraisemblance qui discréditent le film. La mise en scène se perd entre sa volonté claire d'être réaliste et l'incohérence des actions de certains personnages, Maxime en tête. Évidemment appeler la police revient à tuer le film. Mais la possibilité est tellement évidente que les moyens pour éviter de s'y plier apparaissent comme des ruses simplistes (on est par exemple loin de la complexité d'un rapport familial dans La Nuit nous appartient). Plus la situation s'aggrave, moins le spectateur y croit...
C'est pourtant dommage car les acteurs sont convaincants. Cluzet, à l'aise, porte bien son personnage et permet finalement de porter le film tout entier, malgré une ressemblance évidente de sa composition pour Ne le dis à personne (le type dépassé par les évènements merdiques et empiriques qui lui arrivent). Gourmet et Zaccaï sont très bons aussi, même Louise Bourgoin laisse le sentiment amère de ne pas voir son rôle traité avec un peu plus d'importance.
Avec un final en Finlande assez surréaliste mais jamais assumé dans ce sens (pourtant excellent headshot de Maxime qui n'a jamais utilisé un flingue de sa vie !) et un twist décevant de hapyness, Blanc comme neige s'enlise encore un peu plus. La déception est au rendez-vous car du potentiel se dégage de ce film - entre le machiavélisme de la mise en scène et le jeu très propre des acteurs - sans toutefois servir un scénario poignant aux crises réelles et non pas à une série de pétarades en France ou ailleurs. Mais la volonté est là, et peut servir intelligemment.


Réalisé par Christophe Blanc
Avec François Cluzet, Louise Bourgoin, Olivier Gourmet
Film français, belge | Durée : 1h35
Date de sortie en France : 17 Mars 2010

2 avis gentiment partagé(s):

dasola a dit…

Bonsoir,
C'est dur de rivaliser avec les Américains dans ce genre de film. J'ai trouvé le scénario pas mal au début, après cela se gâte. La fin est complètement ratée. Bonne soirée.

Jérémy a dit…

D'accord avec toi.

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