25 octobre 2009

Very Bad Trip

Le scénariste fou de Borat est ici à la réalisation pour un Very Bad Trip qui mérite bien son "very". Todd Phillips pousse le scénario à des extrêmes de situation jusqu'à l'absurde : au réveil d'une soirée déjantée dont ils n'ont aucun souvenir, une bande de potes retrouvent un bébé, une poule ou encore un tigre dans leur appartement... et surtout ils ne retrouvent plus un de leurs amis. Bref, ce film est un véritable délire réussi car assumé pleinement. Rien ne sert de lire entre les lignes, il n'y aura que du vide. Il suffit donc de se laisser entrainer par un scénario cocasse, prétexte à de nombreux retournements de situation pour finalement constituer à la fin une boucle subtile et hilarante. Le casting est d'autant plus brillant qu'il n'est consitué d'aucune tête d'affiche. Le succès du film aux Etats-Unis a dont été une surprise et la preuve que Todd Phillips a réussi son pari. Un peu plus subtil que ses cousins de même nationalité (Eh mec ! Elle est où ma caisse ? ou Eurotrip), Very Bad Trip est un film qui n'a aucune autre prétention que celle de nous faire rire, ce qui est déjà pas mal.


Réalisé par Todd Phillips
Avec Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis
Film américain | Durée : 1h30
Date de sortie en France : 24 Juin 2009

16 octobre 2009

Micmacs à tire-larigot

Jean-Pierre Jeunet est enfin de retour sur la toile. Il faut dire qu'à chaque fois les fans du cinéaste depuis ses débuts avec Marc Caro et la grande majorité du public depuis Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain l'attendent au tournant. Ca en fait du monde, surtout que Jeunet se paye le luxe de choisir Dany Boon (véritable star française en pleine émergence depuis les Ch'tits) pour personnage principal. En bref, ce Micmacs à tire-larigot est un film très attendu, la pression est encore grande pour le réalisateur, mais une nouvelle fois la satisfaction est au rendez-vous.
Jean-Pierre Jeunet est certainement l'un du cercle très fermé des réalisateurs contemporains français à avoir présenté un univers cinématographique qui rend cohérente son œuvre. Depuis ses débuts dans le fantastique-lugubre avec Marc Caro (l'ovni Delicatessen ou la sombre poésie La Cité des enfants perdus) ses films en solo - et même son Alien chez les américains ne fait pas figure d'exception - imposent un certain cinéma esthétique, un cinéma comme "bric-à-brac" où les idées visuelles ou scénaristiques fusent dans un spectacle jouissif. Dans ce Micmacs à tire-larigot on retrouve beaucoup d'Amélie Poulain - la photographie y est la même - du Delicatessen dans l'absurdité voulue du scénario, ainsi que tout l'univers de Jeunet en passant des cartoons à Siergo Leone. Jeunet n'est pas un cinéaste sûr de ses acquis et qui ainsi les reproduits : il porte un univers inattaquable d'histoires en histoires. La palette d'acteurs est très bonne, Boon se complétant finalement bien dans l'univers du film. Seul petit hic : la musique dont l'importance semble un peu être négligée vis à vis des autres films.
Micmacs à tire-larigot est une nouvelle fois l'implacable démonstration que le cinéma de Jeunet (c'est à dire le réalisateur ainsi que l'ensemble de son équipe) est un cinéma avant tout unique. Les goûts ne sont pas objectifs mais la constatation de cette unicité l'est certainement. Alors si les anciens films du réalisateur vous laissent de marbre, passez votre chemin. S'il vous font rêver et jubiler, prenez votre ticket d'envol dès le 28 octobre prochain.


Réalisé par Jean-Pierre Jeunet
Avec Dany Boon, André Dussollier, Nicolas Marié
Film français | Durée : 1h44
Date de sortie en France : 28 Octobre 2009

3 octobre 2009

Martyrs

Après avoir évité de justesse la classification moins de 18 ans, Martyrs avait fait déjà beaucoup parlé de lui avant même sa sortie. Pascal Laugier signe son deuxième film après Saint-Ange et nous délivre une sacrée claque. Après une ouverture frappante, le rythme redescend pour exploser de nouveau... Bref, Laugier met à rude épreuve son spectateur jouant avec sa connaissance des codes du genre pour les déjouer. Entre le fantastique, l'épouvante, le gore et le psychologique, Martyrs est une véritable expérience de cinéma qui perturbe dans son entreprise de dénaturaliser toute forme d'humanité et en contre partie logique réfléchir sur elle. Le martyr est en quelque sorte le spectateur lui même : victime de l'horreur dont il est témoin il doit voir un fond au delà de la forme. Cependant les réfractaires à la violence pointue n'y verront que du gratuit, ce qui est difficilement critiquable tant le sujet est subjectif. Les amateurs ou les intéressés du genre devront être comblés. La brio du film est peut-être là car un cinéma qui divise est d'abord un cinéma pertinent.


Réalisé par Pascal Laugier
Avec Mylène Jampanoï, Morjana Alaoui, Catherine Bégin
Film français, canadien | Durée : 1h40
Date de sortie en France : 3 Septembre 2008

(500) jours ensemble

Dans la lignée de Juno ou Little Miss Sunshine, (500) jours ensemble s'inscrit dans cette petite vague de films américains indépendants qui brillent de par leur légèreté et leur originalité. Ici ce sont les codes de la comédie sentimentale qui passent au peigne fin : pour son premier film, Marc Webb se tâche de créer de l'originalité à chaque fois que le récit tenterai à basculer dans les codes du genre. Résultat, le film se déguste avec un plaisir intense. Les références se multiplient mais la plus grande réussite tient dans le montage qui au risque d'être hasardeux par le découpage complexe du film se révèle superbement maitrisé et offrant quelques effets de cinéma pas inintéressant du tout. Le duo Joseph Gordon-Levitt (parfait en garçon ordinaire à la James McAvoy) - Zooey Deschanel fonctionne à merveille. Léger, sympathique et pétillant. Un régal.


Réalisé par Marc Webb
Avec Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, Clark Gregg
Film américain | Durée : 1h36
Date de sortie en France : 30 Septembre 2009

26 septembre 2009

Hôtel Woodstock

Ang Lee, réalisateur à tout faire, prouve une nouvelle fois cette réputation. Ici l'entreprise : un film sur l'envers du décor du festival de Woodstock. Dès le début l'ambiance décalée et le charme un peu gauche du protagoniste fonctionne. Le tout reste sympathique mais manque certainement d'un peu d'ambition. Au final, Hôtel Woodstock ne dépasse pas le cadre du sitcom pour teenagers. Dommage ? Si l'on attendait plus de Lee d'un point de vue historique ou musical, oui. Si l'on y va pour passer un bon moment et adopter la hippie attitude avec une palette de personnages attachants et drôles, pas du tout, la satisfaction est au rendez-vous. Il ne faut donc pas voir Hôtel Woodstock comme un film léger mais comme un film qui reste dans la légèreté, ce qui n'est pas du tout pareil. Après, à vous de voir.


Réalisé par Ang Lee
Avec Demetri Martin, Emile Hirsch, Liev Schreiber
Film américain | Durée : 2h
Date de sortie en France : 23 Septembre 2009

Les Regrets

Un homme et une femme se revoient : ils se sont aimés autrefois et cette rencontre inattendue ravive la flamme. Le nouveau film de Cédric Khan, avouons-le, n'attire pas tellement par son intrigue en somme très classique. Malheureusement, le film en pâtit assez : le scénario, linéaire, ne propose pas d'originalité et s'établit sur une idée fixe qui est celle de l'obsession passionnelle. Résultat : les personnages n'évoluent pas vraiment ; ou plutôt Khan bascule petit à petit dans le drame jusqu'à l'hystérie (belle scène de folie en plein Paris). Finalement, les plus beaux moments sont ceux qui ne trouvent pas de raison, où la passion efface tout le reste, où l'adultère devient un doux pêché jouissif par notre regard de spectateur indiscret. On comprend bien que le film souhaite montrer la puissance des sentiments sur ce que l'on est. Seulement, l'amour n'a jamais été plus beau au cinéma que lorsqu'il demeure inexplicable et inexpliqué. Les Regrets en fait ici un sujet de polar un peu trop limpide bien que les acteurs, eux, y croient et le duo Attal - Bruni-Tedeschi fonctionne donc à merveille. Ils portent sans doute à eux mêmes le film et lui permette de ne pas passer si inaperçu que ça.


Réalisé par Cédric Khan
Avec Yvan Attal, Valérie Bruni-Tedeschi, Arly Jover
Film français | Durée : 1h45
Date de sortie en France : 2 Septembre 2009

Le Dernier pour la route

Première réalisation pour le producteur Philippe Godeau qui adapte le roman éponyme d'Hervé Chabalier et première réussite. Le réalisateur centre son récit sur l'unique point de vue du protagoniste offrant au film une exposition assez originale car quasi muette avec pourtant un personnage principal très présent par son regard que l'on épouse. Peu à peu le mutisme laisse place aux émotions avec l'arrivée de la pétillante Mélanie Thierry qui bascule le film - par la rencontre avec François Cluzet - dans une humanité qui contraste avec le début du film, assez froid. Si quelques flashbacks peuvent sembler de trop, néanmoins Godeau signe un film sincère et étonnamment familial sans toutefois tomber dans le spectacle. François Cluzet est une nouvelle fois très bon : entre ironie et simple victime de sentiments universels, il donne à son personnage toute la complexité qui lui fallait. A noter une BO pas déplaisante de Jean-Louis Aubert qui par sa douceur donne au film comme un air de conte humaniste.


Réalisé par Philippe Godeau
Avec François Cluzet, Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz
Film français | Durée : 1h47
Date de sortie en France : 23 Septembre 2009

25 septembre 2009

Numéro 9


Adapté de son propre court métrage d'animation, Shane Acker fait son entrée sur la toile avec un film plein de poésie et une esthétique impressionnante. A la hauteur des grosses productions d'animation, il fait vivre des marionnettes à l'allure désopilante et leur donne un réel charisme, à tous différent. Le décor lugubre est d'une précision incroyable, le jeu des ombres bien exploité. Comme les meilleurs du genre, Numéro 9 parle bien sûr aux plus petits (quoi qu'attention aux frissons...) ainsi qu'aux plus grands avec en fond des idées philosophiques joliment amenées. On regrettera peut-être ici et là un surplus d'action - quoi que bien découpée - qui empêche à la narration de s'imposer à des moments où de jolies parenthèses poétiques auraient été la bienvenue. Néanmoins ce premier film d'animation (au bon doublage français au passage) étonne et évade. Un conseil pour tous les grands rêveurs de sept à soixante-dix-sept ans.


Réalisé par Shane Acker
Avec (VO) Elijah Wood, Jennifer Connelly, Crispin Glover
Film américain | Durée : 1h20
Date de sortie en France : 19 Août 2009

19 septembre 2009

Ultimate Game


Les réalisateurs du déjanté Hyper tension se mettent ici à la "politique" car Ultimate Game se veut évidemment critique vis à vis des jeux vidéos, de leur violence, du monde virtuel que l'on se crée en général et qui nous éloigne petit à petit du vrai. En réalité c'est surtout un prétexte pour un gros film d'action bien vitaminé qui promet de l'adrénaline aux amateurs. Si la portée du film est claire et reste intelligente et bien pensée, le reste donne mal au crane avec toutes les scènes d'action sur-découpées au montage. Mis à part quelques séquences esthétiquement intéressantes, Ultimate Game n'a pas la virulence qu'on pouvait attendre mais est simplement un blockbuster qui colle très bien à la peau de Gerard Butler. En un mot : dispensable.


Réalisé par Mark Neveldine et Brian Taylor
Avec Gerard Butler, Michael C. Hall, Zoe Bell
Film américain | Durée : 1h35
Date de sortie en France : 9 Septembre 2009

Inglourious Basterds


Quentin Tarentino fait partie des réalisateurs qui font vendre, sa propre tête d'affiche en quelque sorte. Cela se justifie tant le cinéaste n'a cessé de prouver par ses films que Pulp Fiction n'était pas un miracle. Une nouvelle fois, Inglourious Basterds brille car Tarentino assume pleinement son style : humour décalé jamais loin du mauvais goût mais jamais dedans, violence exagérée, dialogues qui trainent mais qui font jubiler (peut-être un peu moins que dans Boulevard de la mort tout de même)... Bref : le film est une relecture historique aberrante qui devient jouissive dans son insolence. Le pire, c'est qu'on en redemande.


Réalisé par Quentin Tarentino
Avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz
Film américain | Durée : 2h33
Date de sortie en France : 19 Août 2009

Un Prophète


Après le film coup de poing De Battre mon cour s'est arrêté, Jacques Audiard prouve qu'il n'a pas fini de mettre K.O son spectateur : ne se contentant pas de faire une fiction prétexte à un faux documentaire sur le milieu carcéral, le réalisateur offre un film oppressant réfléchissant sur l'évolution possible d'un homme pour sa survie. Parfois violent, jamais vraiment sentimental, pourtant Un Prophète émue et nous blesse presque. Quand l'homme enferme l'homme, qu'en reste t-il ? Ici, du moins, une œuvre maitrisée de bout en bout témoin d'un grand talent de mise en scène.


Réalisé par Jacques Audiard
Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif
Film français | Durée : 2h35
Date de sortie en France : 26 Août 2009

Fish Tank


Caméra au poing, Andrea Arnold suit sa protagoniste dans un 4/3 qui renforce le réalisme et dans une thématique pourtant récurrente dans le cinéma qui traite de l'adolescence (entrée dans le monde adulte, ses dures réalités, etc...), Fish Tank arrive à nous prendre aux tripes. Le film nous laisse ainsi nous identifier à ce merveilleux bout de femme qui découvre les autres tout en se cherchant soi même. La jeune Katie Jarvis illumine de plus le tout : elle offre à son personnage toute la sensibilité et la force qu'il mérite. Comme quoi l'adolescence n'a pas fini d'inspirer, et tant mieux.


Réalisé par Andrea Arnold
Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender
Film britannique | Durée : 2h02
Date de sortie en France : 16 Septembre 2009

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